Divagation dominicale

– TARANUCK  /  10 MARS 2017

Les souvenirs liés à la musique m’ont toujours subjuguée. Aujourd’hui, par une pluvieuse après-midi de mars, l’envie soudaine d’ouvrir la pochette de CD retrouvée par hasard chez mes parents et qui appartenait à mon vieil ami Artos me prend, alors qu’une session de ménage s’impose. Je l’ouvre ; mes yeux reconnaissent en une fraction de seconde l’album Conspiracy of One de The Offspring. Tout excitée à l’idée de réentendre celui qui fut un des albums les plus écoutés de mon adolescence, je m’empresse de l’insérer dans le lecteur CD.

Après une intro de quelques secondes pendant lesquelles Dexter Holland baragouine quelques mots, le premier

accord retentit : je reconnais immédiatement Come out Swinging. Mon cerveau établit une connexion immédiate avec le riff d’intro ; je m’aperçois rapidement que les paroles que je connaissais par cœur à l’époque sont un peu floues, mais que je les ai sur le bout de la langue. Le premier morceau s’achève, je me surprends à chantonner les premières notes de la seconde track avant même qu’elle ne débute. En plus de se souvenir des airs tant d’années après, mon cerveau anticipe les suivants. Incroyable, n’est-ce pas ?

Parlons maintenant des répercussions sur mon corps. La manière de danser que j’adoptais à l’époque me revient en un clin d’œil et rehausse cette sensation de retour dans le temps, faisant fi des années qui se sont écoulées.

L’album se poursuit, et avec lui son lot de souvenirs, cette fois plus généraux. Je me revois, à 14 ans, sautillant de partout, ma LTD F50 en bandoulière, essayant de suivre la tablature dans ma chambre de gamine affolée par le mouvement punk rock composé des incontournables Green Day, Sum 41, Good Charlotte et bien d’autres. Cet album emprunté à la bibliothèque de mon village avait suscité chez moi un tel engouement que je m’étais attelée à réécrire les paroles et reproduire à la main le logo de l’album, une tête de mort enflammée, qui deviendra plus tard le logo officiel du groupe. Une vraie fan, si l’on puit dire.

On arrive sur une des dernières tracks de l’album. A nouveau, un souvenir s’extirpe des limbes de ma mémoire : cette note qui, à l’époque, me faisait inéluctablement croire que l’on prononçait mon nom, alors que ce n’était qu’un simple « bend » se répétant plusieurs fois. Je n’avais jamais repensé à cela avant d’écouter le morceau.

D’où le constat suivant : si une partie de notre vie semble floue parce que lointaine ou par désir d’oublier une époque morose, il suffirait de se souvenir quels artistes nous aimions à cette époque pour les réécouter et pourquoi pas, la magie de la musique opérant, retrouver de vieux souvenirs poussiéreux, mieux que le ferait un journal intime.